André Kasper, Scène de répétition, 2012 | Ville de Carouge

André Kasper, Scène de répétition, 2012

L’art de la suggestion


En 2012, la Ville de Carouge acquiert, à l’aide de son Fonds de décoration, une peinture à l’huile de l’artiste André Kasper, suite à une demande de Giovanna Dunand. Ce dernière, veuve de Robert Dunand, avait en effet proposé de commander une toile à André Kasper à l’occasion des vingt ans de la disparition du musicien, compositeur et chef d’orchetstre pour le Centre musical carougeois portant son nom. Cette toile, de 1,20 mètre par 1,20 mètre et intitulée Scène de répétition est installée dans la salle d’audition du Centre musical Robert Dunand, sous les combles de la maison au 9 rue du Marché.

Voici les mots de André Kasper pour décrire sa toile : «J’évite de représenter des instruments, car les voir muets, immobiles, empêcherait notre imagination de les “entendre”. Ils sont donc présents par leur étui, qui indique leur place dans la musique – le violoncelle dans les sombres et au sol, les violons avec des accents de lumière variés, selon le tempérament, des partitions sur la table, des vestes en désordre, ce n’est pas une représentation. Mais on voit un pan de rideau rouge au côté droite de la fenêtre – dans le sens de lecture d’un tableau, la droite c’est la conclusion – l’action doit donc conduire à la représentation, la répétition à la scène. Les vitres de la fenêtre sont d’anciens verres, ondoyants, qui déforment discrètement les arêtes des toits du Vieux-Carouge – improvisé – au deuxième plan, ainsi que l’arc de Constantin, qui s’est invité là parce que Robert Dunand partageait sa vie entre Rome et Carouge. Au fond on reconnaît encore le Salève. L’effet visuel de ces verres anciens suggère une présence dans l’air, et en l’occurrence compte tenu des accessoires, la présence de la musique dans la pièce. Pour qu’on remarque bien le jeu du verre, l’ouverture de la fenêtre nous permet la comparaison. Sur la table un portrait de Robert Dunand et une partition, L’histoire du soldat. La destination de la toile étant un centre d’étude musicale, je souhaite mettre en évidence la question de la répétition, mélange de désordre et de concentration, par exemple sur la table des bracelets, ôtés pour que l’archet joue librement, un bloc de colophane… On devine un piano dans le reflet d’un miroir».

Site de l’artiste
http://www.andrekasper.ch/

Crédit photo
Aurélien Bergot