Louise Perrin, La famille Perrin-Detruche, XIXe siècle | Ville de Carouge

Louise Perrin, La famille Perrin-Detruche, XIXe siècle

Dernière mise à jour: 05.05.2021
Un des trésors du Musée de Carouge.

Dans le cadre du prochain Printemps carougeois consacré à l’amour, le Musée de Carouge inaugurera une nouvelle exposition présentant les coups de coeur de différentes personnalités suisses, issues de domaines variés (politique, culture, journalisme, sport, gastronomie, etc.). Intitulée «I love Musée de Carouge», l’exposition sera l’occasion de mettre en avant les riches collections de cette institution constituées de tableaux, de dessins, de gravures, de sculptures, de faïences ou encore de pièces de céramique contemporaine. Une manière, pour le public, de découvrir ou de redécouvrir des pièces qui sont révélatrices du patrimoine local, artistique et historique carougeois. Parmi celles-ci, un tableau singulier datant du XIXe siècle, coup de coeur d’un invité, a été peint et brodé sur soie par Louise Perrin. Née en 1816, elle représente ses parents, Antoine et Françoise, entourés de leurs cinq enfants. Cette scène familiale se déroule dans un jardin, peut-être carougeois, tandis que, derrière, on aperçoit divers bâtiments et que, à l’arrière-plan, se découpe la silhouette d’une montagne évoquant le Salève. Ce tableau brodé, création typiquement féminine, a été réalisé par la jeune fille, représentée au centre, souvenir nostalgique du temps passé.

Cette composition sentimentale, proche d’autres oeuvres typiques du temps réalisées, par exemple, avec des cheveux, met en avant la famille et les vertus liées à celle-ci. La mère, gardienne du foyer, dont le rôle a été valorisé dès le XVIIIe siècle, semble être le personnage principal de la scène et sa proximité avec Louise, placée à son côté, n’est pas sans rappeler les autoportraits de Elisabeth Vigée-Lebrun, fameuse portraitiste française des Lumières. Elle tient une corbeille en osier contenant son ouvrage, un accessoire qui la relègue encore aux tâches domestiques, tandis que Louise présente un livre ouvert, attribut, peut-être, de son désir d’apprendre. De part et d’autre de ce groupe, les autres enfants, tout à leurs jeux, sont, là aussi, pour confirmer leur place nouvelle au sein de la famille et de leur statut d’êtres à part entière, depuis la parution de l’Emile de Jean-Jacques Rousseau. Enfin, franchissant le portail, le père est le lien avec l’extérieur. Vêtu d’un uniforme, il serre dans ses bras sa fille qui l’embrasse tendrement. Ce portrait de la famille Perrin-Detruche rappelle d’autres scènes du temps prenant place au sein de jardins. Vision bucolique et quelque peu idyllique, la composition est un témoignage sensible d’une famille aimante, ayant intégré des valeurs modernes.

Louise Perrin, La famille Perrin-Detruche, XIXe siècle, peinture et broderie sur soie. © Musée de Carouge.