Mirjana Farkas, À l’ombre des oiseaux, 2016 | Ville de Carouge

Mirjana Farkas, À l’ombre des oiseaux, 2016

Une fresque murale jouant avec les ombres

«Sur le grand mur de leur cour, les enfants de l’Espace de vie enfantine (EVE) des Acacias ont découvert, à la rentrée 2016, de drôles de créatures – mi-oiseau, mi-fleur; des formes rouges et vertes, tantôt géantes et habillées  de pièces de métal, tantôt de  la taille d’un bambin de trois ans.
Cette gigantesque fresque, en trois dimensions, est l’œuvre de l’illustratrice genevoise Mirjana Farkas. Son projet, intitulé À l’ombre des oiseaux, a remporté, au printemps 2016, le concours sur invitation organisé par la Ville de Carouge, par le biais du Fonds de décoration. Et, aujourd’hui, sur plus de cinq mètres de haut et treize mètres de long, il est visible par tous depuis l’avenue Industrielle.

L’artiste a d’abord pensé aux utilisateurs de l’EVE des Acacias. " J’avais envie que cette cour, dans ce quartier urbain, industriel et peu arborisé, se transforme en oasis pour les enfants, les familles et le personnel de la crèche, explique Mirjana Farkas. Une oasis avec, dedans, plein de cadeaux pour les plus petits. " Plus connue pour ses illustrations de livres destinés à la jeunesse et ses affiches, l’artiste a relevé le défi, non sans quelques craintes. " J’ai eu peur du changement d’échelle, que cela ne fonctionne pas comme sur une feuille de papier. Mais la réalisation est fidèle à ce que j’avais imaginé. Et, cela, je le dois aux personnes avec lesquelles j’ai travaillé, tient à préciser la jeune femme. L’architecte Alice Dunoyer qui m’a aidée sur ce projet dans sa partie tridimensionnelle et pour les plans d’exécution aussi. Frédéric de Haro, peintre en lettres, et l’Association Atelier X qui a réalisé et monté les éléments en tôle d’acier peinte. C’est un beau travail d’équipe. "

Avec ces couleurs vives et ces formes synthétiques, c’est bien toute la poésie des compositions de Mirjana Farkas que l’on retrouve sur ce nouveau support. Toujours en mouvement. Car, avec l’ajout des pièces métalliques (au-dessus de 2 mètres 50 pour des raisons de sécurité) fixées à des distances variables du mur, les formes semblent s’animer. « Les ombres changent au fil des heures et des saisons et agissent comme un jeu de cache-cache, explique la dessinatrice. J’essaie de proposer aux plus petits des images qui fassent appel à leur humour et à leur intelligence. A leur imagination aussi, point commun à tous les enfants. »

VivreCarouge n°74, décembre 2016 - janvier 2017, p. 32

Site de l’artiste
http://www.mirjanafarkas.com/

Crédits
Aurélien Bergot