Presse | Ville de Carouge

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Retrouvez sur cette page tout le matériel relatif aux expositions du Musée de Carouge!

Dossier de presse

Images

Les images de l'exposition sont disponibles en haute définition sur demande. Merci de contacter l'équipe du Musée à musee@carouge.ch .

Choix de M. Arditi

Émile Chambon, Autoportrait à la cravate,1952, Huile sur toile,86 x 59 cm
Musée de Carouge, inv. CH-5, Donation Émile Chambon au Musée de Carouge
© Musée de Carouge, photo Christian Golay

 

Choix de Metin Arditi

Écrivain, dernier texte paru : Mon père sur mes épaules, Éditions Grasset, 2017

Autoportrait d’un homme déchiré

" Cette toile d’Émile Chambon me bouleverse. En 1952, Chambon a 47 ans. Il est au sommet de son art et de sa notoriété. Il a reçu des prix, il continue d’être gratifié de commandes prestigieuses, il expose partout. Pourtant, sa toile, très retenue, dévoile son drame. Cet autoportrait est celui d’un immense artiste. Mais l’homme y apparaît contraint. Son regard est froid, triste. Ses cheveux, dont on comprend qu’ils cachent une calvitie naissante, sont coiffés avec un soin extrême. Ses traits sont tendus, sa posture rigide. Sa chemise, boutonnée au col, est impeccable. On dirait un employé de banque soucieux de paraître irréprochable aux yeux de son chef de bureau. Seule la cravate, portée en dehors du pull-over, laisse deviner un souhait de liberté. "

 

 

Jacques Kaufmann, Passage du fil, 1993, Terre noire assemblée avec barbotine de porcelaine, cuisson à haute température (1150 degrés) et polissage après cuisson
9 x 9 x 12 cm, Musée de Carouge, inv. CC-15.
Pièce faite pour le Concours international de céramique de la Ville de Carouge de 1993 dont le thème était « Le cendrier céramique ». Ce cendrier a gagné le Prix de la Ville de Carouge qui, selon le règlement du concours, devient propriété de la Ville de Carouge.
© Musée de Carouge, photo Nicolas Lieber

 

Choix de Christa de Carouge

Designer

" Ce cendrier m’a tout de suite frappée et intriguée. Il s’agit d’un cube mais, lorsqu’on enlève le couvercle, il se défait et l’on découvre une nouvelle forme. On peut, ainsi, créer des sculptures selon ses envies et son humeur, à l’infini. C’est un objet avec lequel on peut jouer.

De plus, la matière de cette œuvre m’attire, de même que sa couleur noire, évidemment. Le cendrier porte les cendres, à l’image d’une urne. Ce bel objet, plein de philosophie, est à garder près de soi, avec les cendres chéries de ses proches. J’aimerais bien, personnellement, que mes cendres soient conservées dans cette urne, lorsque je ne serai plus là. "

 

François-Edouard Picot, L’Amour et Psyché, vers 1817. Huile sur toile, 43 x 52 cm
Musée de Carouge, inv. 153. Donation Émile Chambon au Musée de Carouge (l’œuvre faisait partie de la collection de l’artiste)
© Musée de Carouge, photo Nicolas Lieber

 

Choix de Martina Chyba

Journaliste et écrivain

" L’Amour et Psyché de François-Edouard Picot (1817) est une toile exposée au Louvre, mais j’ignorais que je pouvais aller en admirer d’autres versions à Carouge. Comme quoi.

Cupidon ne veut pas que Psyché le voie, alors il ne lui rend visite que dans l’obscurité et la quitte à l’aube. Il devait la tuer sur ordre de Vénus mais il en est tombé amoureux. Après de terribles épreuves, ils auront ensemble un enfant nommé Volupté. C’est exactement ce qui se dégage de ce tableau au premier abord. Il a l’air naïf, classique et cucul, mais il contient tout : le secret, le sexe, la séparation, la violence des flèches. Sous les draperies pourpres, il y a l’amour et la mort.

La mythologie me touche infiniment car elle puise des histoires folles au plus profond de nous depuis des siècles. Ces créatures extraordinaires nous aident à supporter nos vies que nous trouvons si ordinaires ; elles schématisent nos angoisses et canalisent nos pulsions, elles nous aident à affronter la mort et le fait que, comme dans cette image, l’amour finit toujours par s’en aller.

Non sérieux, les algorithmes et le numérique c’est très bien, mais l’Antiquité c’est pas mal non plus. "

 

Gérald Poussin, Mademoiselle Arve se jetant dans les bras du Rhône, 1998
Sérigraphie sur papier blanc, 30 x 42 cm. Musée de Carouge, inv. CH-378
Don de l’artiste au Musée de Carouge en 1998
© Musée de Carouge, photo Nicolas Lieber

 

Choix de Roger Mayou

Directeur du Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

" J’aime le Musée de Carouge, j’y suis né. À Carouge, pas au musée, même s’il abritait à l’époque le médecin de la famille, le docteur Oppikofer (prononcez opicoffre à la carougeoise).

J’aime Poussin, l’artiste.

Nous nous sommes rencontrés dans des circonstances particulières. J’avais pensé à lui commander une œuvre pour la nouvelle gare du Flon à Lausanne, d’où allait partir et arriver le TSOL (contre tous mais depuis rebaptisé M1), quand j’appris qu’il était en convalescence après une agression au couteau en Inde. Il accepta néanmoins de me recevoir à la campagne. C’est ainsi que sont nées une amitié et une grande peinture murale qu’il dédicaça à Keith Brandenburg (l’homme qui lui avait sauvé la vie). On y voit des animaux et des personnages jouer à sortir des cadres par de joyeuses pirouettes (prière d’y voir un symbole).

Le long des voies, des colonnes de bonbons, de palmiers, de papillons, d’abeilles et de plein d’autres trucs bizarres (vous avez dit bizarre ?) regardent passer les trains (à moins que ce ne soit l’inverse).

J’aime Mademoiselle Arve se jetant dans les bras du Rhône (pourquoi pas Monsieur ?). Elle lui a fait perdre la tête. On le comprend, elle peut être agitée Mademoiselle, et sujette aux débordements. En plus elle est froide, elle vient du plus haut sommet d’Europe. Ça l’impressionne le grand vert qui est ressorti calmé du lac pour une jonction éternellement répétée.

J’aime Poussin, l’homme qui aime les chats. Son esprit, toujours en éveil vers la bonne humeur et le bon mot, sa générosité. Mais je garde le meilleur pour la fin : Poussin et moi sommes voisins et nous nous croisons… à la Migros, évidemment ! "

 

Anciens communiqués de presse